IDENTITÉ Un doc scandinave faisant une offre Renégocier adiposité.
Sevara Pan
Journaliste et critique de cinéma.
Date de publication: juin 23, 2020


Dans un défilé de questions indésirables, «Pensez-vous que je suis grosse?» est souvent à l'avant-garde. Certains peuvent couler le silence en réponse, d'autres peuvent tenter d'annuler une réclamation présupposé dans la question elle-même ou même jeter dans une remarque pleine d'esprit.

Le documentaire Gros front (2019) réalisé par Louise Unmack Kjeldsen et Louise Detlefsen divertit la question et un éventail de réponses possibles: «Curvy? C'est très bien pour un bonhomme de neige. » Lourd? «Cela me donne une image de moi-même comme un rocher.»

Les femmes

The film recounts stories of four #Scandinavian women – Helene hails from #Denmark, Marte and Wilde from #Norway, and Pauline from #Sweden. Their fatness is what they have in common, along with a string of societal expectations they grapple with on a daily basis. The camera invites us into the women’s lives. It doesn’t linger on but stays long enough to fathom the complexity of their relationship with food and their bodies. Theirs are not shiny success stories of a triumph over societal opinions or of an ultimate acceptance of oneself no matter the size. Theirs are the stories of daily struggles on the path of (self)-acceptance, and that path is rugged.

Each of the women’s stories is entwined with one another, punctuated with videos of women dancing – some unclad, stripped of coverings and shame – celebrating their «big beautiful bodies.» Encouraging statements or comments, made on #Instagram by proud members of the body positivity movement, appear on screen intermittently, accompanied by upbeat music.

Throughout the film, the women’s bodies are shown in full grandiose – #fat rolls, sagging bellies, and puffy knees. The camera is probing yet never judgemental, evoking the fleshy beauty of Peter Paul Rubens’ fat nudes. For Marte, her reflection in the mirror invokes feelings of unfairness of living in a time dominated by a dramatically different beauty ideal. «I sometimes feel like a work of art,» she confides. «A beautiful painting gathering dust in a basement, and which no one looks at. It’s kinda…wasted.»

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Fat Front, un film de Louise Detlefsen & Louise Unmack Kjeldsen

Récupération

Le film tente de susciter une conversation sur la graisse, ce qui est certes intrigant, sinon louable. Il se risque à le faire en tentant de renégocier le vocabulaire autour de la question, d'abord et avant tout. En soi, le documentaire pourrait être une révélation pour ceux qui ne connaissent pas trop le mouvement. Les quatre femmes tiennent ferme sur l'utilisation du mot «gras». Toute alternative, prononcée par des personnes dans un souci de douceur ou de PC, pourrait tout aussi bien contrecarrer l'objectif du mouvement qui se bat pour la représentation de divers types de corps et ne voit rien de mal à être gros. Interviewée par un journaliste du South Sweden Daily dans un «marché aux puces gras», Pauline et la co-organisatrice du marché Mathilda expriment le besoin de récupérer le mot «gras» qui est «si plein de honte». «La graisse» est «juste un adjectif» semblable à «grand», dit-elle, et ce n'est pas antithétique de «joli».

Il serait faux de dire que Gros front est représentatif du mouvement d'acceptation des graisses, ou qu'il en parle. Peut-être que si le documentaire avait poursuivi cet objectif, il aurait pu bénéficier de la recherche d'une plus grande diversité dans le choix de ses protagonistes, offrant une plate-forme à ceux qui sont moins privilégiés, qui ne sont pas blancs ou qui ont d'autres variations de genre.

Leurs réussites ne sont pas de brillantes réussites d'un triomphe sur les opinions de la société ou d'une acceptation ultime de soi, peu importe la taille.

The idea that fatness is a mere variation of the human body lies at the core of fat #activism, and as Marte notes in the film one not «to require an explanation, a justification or an excuse» for their fatness. However, I am afraid that the directors’ decision to interweave the women’s experience of being fat with their stories of #trauma might be misleading at best. And while I fully stand by the belief that trauma needs to be spoken about and understood, I fear that such a portrayal might suggest a link between the two or some sort of causation, which I reckon is not the message that the fat acceptance movement wants to send out to the world.

Bien que le documentaire ne parle peut-être pas du mouvement d'acceptation des graisses, ce qu'il fait bien, c'est de mettre en avant les histoires des quatre grosses femmes et de leurs voyages individuels sur le chemin de l'apprentissage de s'aimer. Il donne la scène aux quatre femmes pour parler de leurs expériences alors qu'elles «insistent pour exister» dans ce monde, aspirant à une vie séparée du jugement.

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Fat Front, un film de Louise Detlefsen & Louise Unmack Kjeldsen

Jamais fini

En fin de compte, grand ou petit, gros ou mince - quelle que soit la forme ou la forme, il s'agit de leur relation à long terme avec leur corps, que tant de gens ne respectent pas. Le film tire à sa fin, vous laissant réfléchir à votre propre relation avec votre corps. Nous ne sommes jamais un «produit fini», comme le dit à juste titre Hélène, et il n'y aura jamais un point où vous irez, «Là! Maintenant, je suis la personne que je suis censée être. »

Donc, vous pourriez aussi bien voir la relation avec votre corps à la fois comme une romance et un partenariat. Enfin, Wilde partage son enthousiasme pour tout ce que l'avenir lui réserve, en espérant qu'elle emmènera son corps à l'aventure: «Vous et moi visiterons tous les continents. Faites l'expérience des cascades et de l'amour. Nous aurons des relations sexuelles comme jamais auparavant - et recevrons des massages des personnes les plus drôles. Nous marcherons ensemble dans des défilés de fierté - et nous nous célébrerons et nous nous entraiderons dans les deuils. Ce sera mon meilleur ami, amant, partenaire. C'est moi et le corps ensemble qui allons de l'avant dans la vie. »